Archives de catégorie : Fleurs et jardin

Le sonnet marotique : La rose et le liseron.

La rose et le liseron

Je me suis enivrée au parfum d’une rose,
Foulant une misère et sa peau de chagrin
Qui, rampant à ses pieds, pleurait de son serein,
La belle préférant mirer mon laurier rose.

Fière, je surveillais la tendre couperose
De ma coquette fleur blottie en son écrin,
Sa préciosité volant au romarin
Mes faveurs dédaignant sa soudaine névrose.

Mon esprit envoûté par de si beaux atours,
Oublia que ma reine à la peau de velours
Déjà vivait sans le savoir, la fin d’un règne.

Mais sur la verte mousse avait fleuri de l’or,
Tandis qu’un liseron préparant le décor
Ouvrait tout grand son cœur bien avant qu’il ne saigne.

Annie

Le sonnet marotique : Le langage des fleurs.

Le langage des fleurs

Un parfum de lilas se mêle à la glycine,
Où le plaisir des yeux se pose en conquérant,
Afin que ses froufrous, d’un regard implorant,
Apportent du bonheur au jour qui se dessine.

L’iris majestueux, dont la beauté fascine,
Ajoute à ce tableau son velours attirant,
Pendant que chaque rose au pouvoir enivrant
Caresse du regard l’or de la capucine !

La modeste pensée en son cœur généreux,
Applaudit en silence un arum valeureux,
Dont le calice offert attend les coccinelles !

Ainsi parlent mes fleurs dans mon jardin charmant,
Chacune à sa façon, d’un muet tintement,
M’invite à retrouver couleurs et ritournelles !

Annie

Le sonnet marotique : A l’aube de demain.

Avec tous mes vœux !

A l’aube de demain

Forger des souvenirs pour la postérité,
Tels seront désormais les vœux que je formule ;
A l’aube du grand âge, il faut que je simule
Un regain d’allégresse avec lucidité !

Ainsi donc je m’applique, en toute humilité,
A trouver chaque jour la meilleure formule,
Afin que le bonheur de nouveau me stimule,
En gardant le pouvoir de ma féminité !

Si mes petits enfants me trouvent guillerette,
C’est que j’aime à cueillir la blanche pâquerette,
Avec à mes côtés la douceur de leurs mains.

Désormais je m’attache à la grâce enfantine,
Quand le sourire explose au son d’une comptine,
Tandis qu’à l’horizon chantent les lendemains !

Annie 

Le sonnet français : L’été au jardin.

L’été au jardin

En cet été flambant j’ai l’esprit qui frétille,
Existe-t-il sur terre un endroit plus discret
Que mon tendre univers, et son jardin secret,
Où je guette l’oiseau qui chante et qui sautille ?

Du matin jusqu’au soir, quand l’étoile scintille,
Tout un monde animal, affable et guilleret,
Calme son engouement à l’ombre d’un guéret,
A l’heure où le soleil embrase la myrtille.

Je suis reine d’un lieu modeste et bien charmant,
Ma fortune est cet or qui brille au firmament,
Et ma dame d’atours a le parfum des roses !

Dès que Nyx apparaît en robe de satin,
Les heures à venir ne sont jamais moroses,
Mon sommeil est plus doux qu’un sourire enfantin !

Annie 

Le sonnet marotique : Régal d’été.

Régal d’été

Que j’aime ces jours chauds, symboles de paresse,
L’horizon qui pétille en gerbes de bonheur,
Tandis que le soleil, de son air ricaneur,
En dardant ses rayons, surchauffe sa caresse !

Comme par le passé, je bois jusqu’à l’ivresse
Le moindre chant d’oiseau ; Je deviens moissonneur
D’une riche nature où l’or est à l’honneur,
Quand l’épi de blé mûr avec fierté se dresse !

Le jour traîne longtemps sa lumière et son feu,
Dès que la lune enfin l’endort dans son enfeu,
Sous les cieux étoilés, dehors je me régale !

Et petit à petit plus un bruit ne s’entend,
Si le grillon se tait, j’ai mon lit qui m’attend,
Pour me faire bercer d’un rêve de cigale !

Annie 

Le sonnet français : Illusions.

Illusions

Un homme me sourit, mon cœur bat la chamade,
Je savais que le temps est un chemin ardu,
Et ne m’attendais pas à l’hommage rendu,
Aujourd’hui j’ai l’esprit complètement nomade !

Ce sourire enjôleur, délicate brimade,
L’espace d’un instant, sur un malentendu,
A ravivé l’espoir que je croyais perdu,
De mériter encore un zeste de pommade !

Hier je m’agaçais d’un sifflement gênant,
Je guette de nouveau chaque geste avenant,
Pour savourer toujours le bonheur d’être femme !

Si la galanterie a perdu ses valeurs,
Il est des gestes doux dont notre corps s’affame,
Chaque saison nouvelle aime à soigner ses fleurs !

Annie

La Ballade : Fin d’hiver.

Fin d’hiver

L’hiver enfin fait une pause,
Le soleil point à l’horizon
Dès qu’une brume se dépose.
Le voile blanc de la saison
Chante sans bruit son oraison,
Tandis qu’au sol, les pâquerettes,
Offrent déjà leur pâmoison.
Sortons chapeaux et collerettes !

Puisque plus rien ne s’y oppose,
Tous les crocus en garnison,
Saluent le ciel, qui leur propose
D’accélérer leur floraison !
Dans une douce exhalaison,
Les primevères guillerettes
Ont déjà quitté leur prison !
Sortons chapeaux et collerettes !

Ainsi chaque jour je m’impose
Un petit tour sur mon gazon,
Il faut bien que l’oiseau dispose
De bonnes graines à foison,
Et sur le seuil de ma maison,
Je vois naître des amourettes
Au pied de chaque frondaison.
Sortons chapeaux et collerettes !

Adieu le poêle et son tison !
On va ranger les chaufferettes,
Et surveiller la pondaison !
Sortons chapeaux et collerettes !

Annie