Archives de catégorie : Fleurs et jardin

Le sonnet marotique : Amour toujours.

Amour toujours

Nous n’allons plus au pré cueillir la pâquerette,
Tes jambes ont trahi notre félicité,
Et nous avons perdu cette vivacité
Qui nous menait au loin vivre notre amourette…

Désormais nous œuvrons de manière discrète,
Sous couvert des murets d’une belle cité,
Mais nous gardons toujours cette complicité,
Qui te plaisait jadis pour me conter fleurette !

A défaut d’aventure, il reste le frisson,
Que ta main dans la mienne attise à l’unisson,
Afin que chaque nuit borde notre tendresse.

Quarante ans sont passés sur ce nid de bonheur,
Goûtons à notre osmose et son rêve flâneur,
Il fera jour demain pour une autre caresse !

Annie Poirier

La Terza-Rima : Recette du bonheur.

Recette du bonheur

Mais que se passe t-il sur cette noble terre ?
Faut-il vivre caché pour qu’un brin de bonheur
Gomme tous les tracas d’une âme solitaire ?

En voilà plus qu’assez du refrain chicaneur,
Que l’actualité sans arrêt nous colporte,
Du matin jusqu’au soir hurle un empoisonneur !

Cultiver son jardin et l’amour qu’on lui porte,
Voilà donc mon secret pour savourer l’instant,
Que le ciel chaque jour dépose à notre porte !

Comment ne pas sourire à ce charme envoûtant,
Le murmure discret de l’herbe qui frissonne,
Et le vol de l’oiseau que mon cœur aime tant ?

En surveillant la fleur que le printemps moissonne,
Je me plais à régner sur mon bel univers
Qui renaît au matin dès que la cloche sonne.

Quand le ciel est clément, je pose quelques vers,
Sur le tendre vélin d’une feuille d’automne,
Sans craindre la froidure au seuil de mes hivers,

Tandis que l’avenir dans le lointain chantonne !

Annie 

Le Rondel : Maison rose

Maison rose

J’ai retrouvé l’éclat du rose
Qui plaisait tant à ma maison,
Un peu plus doux, telle une rose
Dont j’applaudis l’exhalation !

En effaçant la couperose,
Comme elle est belle la saison !
J’ai retrouvé l’éclat du rose
Qui plaisait tant à ma maison !

Et maintenant la primerose
Laisse éclater sa floraison ;
Son doux regard vers l’horizon
M’invite à parfumer ma prose !
J’ai retrouvé l’éclat du rose !

Annie

Le sonnet marotique : La rose et le liseron.

La rose et le liseron

Je me suis enivrée au parfum d’une rose,
Foulant une misère et sa peau de chagrin
Qui, rampant à ses pieds, pleurait de son serein,
La belle préférant mirer mon laurier rose.

Fière, je surveillais la tendre couperose
De ma coquette fleur blottie en son écrin,
Sa préciosité volant au romarin
Mes faveurs dédaignant sa soudaine névrose.

Mon esprit envoûté par de si beaux atours,
Oublia que ma reine à la peau de velours
Déjà vivait sans le savoir, la fin d’un règne.

Mais sur la verte mousse avait fleuri de l’or,
Tandis qu’un liseron préparant le décor
Ouvrait tout grand son cœur bien avant qu’il ne saigne.

Annie

Le sonnet marotique : Le langage des fleurs.

Le langage des fleurs

Un parfum de lilas se mêle à la glycine,
Où le plaisir des yeux se pose en conquérant,
Afin que ses froufrous, d’un regard implorant,
Apportent du bonheur au jour qui se dessine.

L’iris majestueux, dont la beauté fascine,
Ajoute à ce tableau son velours attirant,
Pendant que chaque rose au pouvoir enivrant
Caresse du regard l’or de la capucine !

La modeste pensée en son cœur généreux,
Applaudit en silence un arum valeureux,
Dont le calice offert attend les coccinelles !

Ainsi parlent mes fleurs dans mon jardin charmant,
Chacune à sa façon, d’un muet tintement,
M’invite à retrouver couleurs et ritournelles !

Annie

Le sonnet marotique : A l’aube de demain.

Avec tous mes vœux !

A l’aube de demain

Forger des souvenirs pour la postérité,
Tels seront désormais les vœux que je formule ;
A l’aube du grand âge, il faut que je simule
Un regain d’allégresse avec lucidité !

Ainsi donc je m’applique, en toute humilité,
A trouver chaque jour la meilleure formule,
Afin que le bonheur de nouveau me stimule,
En gardant le pouvoir de ma féminité !

Si mes petits enfants me trouvent guillerette,
C’est que j’aime à cueillir la blanche pâquerette,
Avec à mes côtés la douceur de leurs mains.

Désormais je m’attache à la grâce enfantine,
Quand le sourire explose au son d’une comptine,
Tandis qu’à l’horizon chantent les lendemains !

Annie