Archives de catégorie : Poèmes

Adieu tata Thérèse….

Retrouvailles

Son regard est plus doux que la douceur des anges,
Et ses cheveux plus purs que les neiges d’antan ;
D’un corps devenu vieux, je ne vois que le tan,
Car, hélas, j’ai manqué le meilleur des vendanges…

Nos chapelets de mots, tels des chants de mésanges,
Racontent notre hier, indigne charlatan,
Ayant conduit mes jours au pays de l’autan,
Tandis que s’oubliait la valeur des échanges.

Pour elle j’ai voulu réveiller le passé,
Mais le temps, ce vaurien, est trop souvent pressé,
Je me dois aujourd’hui d’honorer la belle âme…

Le tendre souvenir me fait battre le cœur,
J’ai manqué le repas, mais j’ai bu la liqueur,
Sans le savoir, ma tante a ranimé ma flamme !

Annie 

La Villanelle : Ma tourterelle

Ma tourterelle 

J’ai cru voir ma tourterelle
Dans le haut d’un vieux sapin !
Ah ! pourvu que ce soit elle !

J’aimais tant la ritournelle
Qu’elle m’offrait au matin…
J’ai cru voir ma tourterelle !

Pour faire une villanelle
Il me faudrait son refrain,
Ah ! pourvu que ce soit elle !

Serait-elle si fidèle
Qu’elle ait changé de lopin ?
J’ai cru voir ma tourterelle !

Je l’attends ma toute belle
Comme on guette du bon pain…
Ah ! pourvu que ce soit elle !

Quelle est donc cette étincelle
Dans les yeux de mon lupin ?
J’ai cru voir ma tourterelle !
Ah ! pourvu que ce soit elle !

Annie

Le sonnet marotique : A l’aube de demain.

Avec tous mes vœux !

A l’aube de demain

Forger des souvenirs pour la postérité,
Tels seront désormais les vœux que je formule ;
A l’aube du grand âge, il faut que je simule
Un regain d’allégresse avec lucidité !

Ainsi donc je m’applique, en toute humilité,
A trouver chaque jour la meilleure formule,
Afin que le bonheur de nouveau me stimule,
En gardant le pouvoir de ma féminité !

Si mes petits enfants me trouvent guillerette,
C’est que j’aime à cueillir la blanche pâquerette,
Avec à mes côtés la douceur de leurs mains.

Désormais je m’attache à la grâce enfantine,
Quand le sourire explose au son d’une comptine,
Tandis qu’à l’horizon chantent les lendemains !

Annie 

Le sonnet marotique : Une curieuse année.

Une curieuse année

Déjà l’an se termine en gerbes de douleurs,
Que l’actualité verse à qui veut l’entendre ;
On aimerait pourtant, d’un refrain riche et tendre,
Apercevoir demain et ses doigts ciseleurs…

On observe les cieux, figés dans leurs pâleurs,
En guettant l’astre d’or qui se fait bien attendre,
Rien de tel en effet, pour enfin se détendre,
Qu’un morceau de lumière et ses mille couleurs !

Pour ne pas succomber au cafard qui se traîne,
On appelle au secours le bonhomme et son renne,
Dont la douce légende apaise un peu le cœur !

Et quand le Berger luit plus qu’à son habitude,
C’est que Noël est là, fort de sa quiétude,
Tandis que le canon crache encor sa rancœur…

Annie Poirier

Le sonnet marotique : Nettoyage par le vide.

Nettoyage par le vide

Voilà que rejaillit en trois coups de chiffon
Tout ce qui fut ma vie avant que d’être élue,
Poétesse d’un jour, complimentée et lue,
Par quelques doux rêveurs de mouches au plafond !

Mon passé qui dormait, blotti dans un siphon,
Décide tout à coup, telle une ombre velue,
De quitter brusquement la poutre vermoulue,
Où le temps poussiéreux se fige et se morfond !

Objets inanimés qui dorlotez votre âme,
Vous trouverez la mienne au cœur d’une épigramme,
Car c’est là qu’elle puise et force et Triolets !

Entre deux souvenirs mon cœur est en balance,
Que vais-je donc choisir parmi cette opulence
Pour revoir de nouveau danser mes feux follets !

Annie

Stances : Rencontre avec le passé.

Rencontre avec le passé 

J’ai marché dans les pas de ma tendre jeunesse,
Je voulais tout revoir, lavande et romarin,
L’odorante pinède et l’ombre d’un marin,
Forte de souvenirs et de mon droit d’aînesse !

Ce grand port de Toulon, qu’est-il donc devenu ?
Si ce n’est sur les flots un vieux bateau de guerre,
Fantôme de celui qui naviguait naguère,
De mes songes passés, je n’ai rien reconnu !

De l’école navale au grand cours Lafayette,
Tout du long j’ai rêvé de me plonger encor,
Dans les mille saveurs d’un merveilleux décor,
Afin de retrouver mes rêves de fillette !

Le marché rayonnait de ses riches couleurs,
Mais cet accent pointu, chanson de la Provence,
Avait-il déserté jusqu’à Saint-Paul-de-Vence,
Son murmure étonnant m’arracha quelques pleurs…

Il me restait bien sûr à revoir le village,
Les platanes joufflus, et surtout la maison !
Le miracle eut bien lieu, plus fort que de raison,
Elle avait conservé la grâce du bel âge !

Soixante ans sont passés sur cette noble terre,
Un homme aux cheveux blancs, d’un signe de la main,
Salua ma présence. Était-il ce gamin
Qui fréquentait jadis mon cours élémentaire ?…

Annie 

Le Maillet : Souvenir d’automne.

Souvenir d’automne

Te souviens-tu du temps des cueillettes d’automne,
Les bottes, le panier, tout un équipement,
Quand nous partions heureux sous un ciel qui moutonne
Tandis que jaillissait l’éclat d’un flamboiement ?

Pour nos enfants ravis, rien n’était monotone !
Te souviens-tu du temps des récoltes d’automne ?
Dès que les nuits d’été finissaient de rosir,
Le dimanche attisait la flamme du désir.

Ce silence soudain me dérange et m’étonne,
On ne ramasse plus les champignons des prés ;
Te souviens-tu du temps des cueillettes d’automne ?
Et pourtant qu’ils sont beaux les buissons mordorés !

Entends-tu dans les bois cet oiseau qui chantonne ?
Il nous appelle encor, j’aimerais bien m’assoir
Pour veiller avec toi jusqu’aux orgues du soir !
Te souviens-tu du temps des cueillettes d’automne ?

Annie Poirier

Le sonnet marotique : Adam et Eve.

Sculpture de mon amie Christiana Moreau

Adam et Eve

L’homme est un bâtisseur, la femme est sa complice,
Elle ajoute à la force un doux tempérament,
Afin que chacun d’eux, d’un pareil engouement,
Conjuguent leurs savoirs pour monter l’édifice.

Ainsi, main dans la main, sans aucun sacrifice,
Ils forgent l’avenir qui se veut si charmant,
A la condition qu’aucun évènement
Ne vienne perturber l’adorable délice !

L’un ne va pas sans l’autre, en toute égalité,
Et pourtant le mépris de la féminité
Ne cesse de gâcher la merveilleuse osmose.

Il suffirait d’un rien pour clore ce débat,
Imaginons un peu le triste célibat
Que serait chaque jour privé d’un cœur de rose !

Annie

Arts et Lettres 2024.

Mes résultats des Arts et Lettres 2024 !

Le poète et l’automne

Je suis face à ma page blanche,
L’été s’enfuit, l’automne preux,
Offre son or en avalanche,
D’un geste tendre et chaleureux,
Dès qu’il se vêt de tons cuivreux !
Muse, quittons notre chaumière,
Mon cœur adore être amoureux,
Il fait si bon dans la clairière !

Avant que le soleil ne flanche,
Cueillons tous les fruits savoureux,
Il reste du pain sur la planche,
Tant que le ciel est généreux !
Vite une plume, un chemin creux,
Il faut récolter la lumière
Des derniers soirs bien doucereux ;
Il fait si bon dans la clairière !

Bientôt l’hiver de sa palanche,
Rendra l’oiseau plus miséreux.
Il fera froid dessus la branche,
Et quand le sol sera givreux,
Fée et lutin diront entre eux
Qu’un songe de rose trémière
Serait utile aux malheureux ;
Il fait si bon dans la clairière !

Poète ne sois pas peureux !
Sème ta rime printanière,
Tes vers renaîtront plus nombreux,
Il fait si bon dans la clairière !

Annie

Un premier prix de poésie !

J’ai reçu un premier prix de poésie, sur le thème du sourire, à Encres Vives en présence de Monsieur le Maire de Cholet. Un bel après-midi très convivial. Merci aux membres, au président Monsieur Roy, et au jury !

Les bienfaits d’un sourire

La beauté d’un visage est un cadeau du ciel
Qui, dès le plus jeune âge, attendrit la famille
Cherchant à deviner sur la verte ramille
L’héritage béni d’un don essentiel !

On peut être bien fait sans se montrer aimable,
Le miroir d’un regard trahit l’esprit boudeur,
En cultivant sans cesse une telle froideur
On se retrouve seul, c’était inévitable !

Que serait l’univers privé de son soleil,
De la lune en croissant, qui nourrit le poète,
Éclaire chaque nuit d’une aura mignonnette,
Souriante et mutine en son simple appareil ?

Ainsi notre sourire est bouquet d’espérance,
Qu’il soit timide ou franc, il demeure festin
Pour celui qui reçoit dans les bras d’un matin,
En plus de l’astre d’or, ce cadeau d’excellence !

Souvent affectueux, il guérit le chagrin,
Quand il est enjôleur, évidemment on l’aime,
S’il se montre éclatant, il mérite un poème,
Une place de roi dans mon alexandrin !

Annie Poirier