Archives mensuelles : mai 2026

Le sonnet marotique : La rose et le liseron.

La rose et le liseron

Je me suis enivrée au parfum d’une rose,
Foulant une misère et sa peau de chagrin
Qui, rampant à ses pieds, pleurait de son serein,
La belle préférant mirer mon laurier rose.

Fière, je surveillais la tendre couperose
De ma coquette fleur blottie en son écrin,
Sa préciosité volant au romarin
Mes faveurs dédaignant sa soudaine névrose.

Mon esprit envoûté par de si beaux atours,
Oublia que ma reine à la peau de velours
Déjà vivait sans le savoir, la fin d’un règne.

Mais sur la verte mousse avait fleuri de l’or,
Tandis qu’un liseron préparant le décor
Ouvrait tout grand son cœur bien avant qu’il ne saigne.

Annie

Le sonnet marotique : Le langage des fleurs.

Le langage des fleurs

Un parfum de lilas se mêle à la glycine,
Où le plaisir des yeux se pose en conquérant,
Afin que ses froufrous, d’un regard implorant,
Apportent du bonheur au jour qui se dessine.

L’iris majestueux, dont la beauté fascine,
Ajoute à ce tableau son velours attirant,
Pendant que chaque rose au pouvoir enivrant
Caresse du regard l’or de la capucine !

La modeste pensée en son cœur généreux,
Applaudit en silence un arum valeureux,
Dont le calice offert attend les coccinelles !

Ainsi parlent mes fleurs dans mon jardin charmant,
Chacune à sa façon, d’un muet tintement,
M’invite à retrouver couleurs et ritournelles !

Annie