Archives mensuelles : septembre 2022

Stances : Magique campagne.

Magique campagne

La vie à la campagne est une providence,
Que cela soit un choix, ou par le pur hasard ;
Comment ne pas bénir l’engouement du lézard
Pour qui terre et soleil sont comme une évidence ?

Dans le petit matin, nos regards si gourmands,
Cherchent à deviner ce que l’aube murmure,
Quand un tendre zéphyr, jouant sur la ramure,
Réveille des éclats sertis de diamants.

Chaque saison nouvelle est une friandise ;
Le plateau du printemps en gerbes de couleurs,
Déroulant son tapis brodé de mille fleurs,
Invite à savourer la tendre musardise !

Dans la touffeur du soir des étés polissons,
On ouvre les volets, on capture la lune,
Un soupçon de fraicheur sera notre fortune,
Avec l’or des genêts et le chant des pinsons.

Si la brume envahit la plaine et la bergère,
C’est que septembre est là, riche de ses fruits mûrs
Que l’on s’en va cueillir en amont des vieux murs,
Dès que le temps se vêt d’une brise légère.

Les frimas de l’hiver brodent des napperons,
Sculptent des souvenirs afin de nous surprendre ;
La nature est fidèle à qui sait la comprendre
Et s’invite chez nous jusque sur les perrons !

Annie

Prix de poésie pour Le pinson du matin !

Le pinson du matin
Qu’importe la froidure ou l’actualité,
Le pinson du matin m’offre sa sérénade,
Je déguste son chant, telle une limonade
Désaltère la soif de musicalité !

J’en oublie aussitôt toute brutalité,
Mon esprit frétillant, du cœur de sa manade,
Laisse éclater sa joie et d’une talonnade
Fait tinter les grelots de ma vitalité !

Tandis qu’une jacinthe ourle enfin sa guêpière.
La nature engourdie entrouvre une paupière,
Dès que la tourterelle amorce son refrain.

Envolés les soucis et tous les jours moroses !
J’imagine déjà, caché dessous mes roses
Le grillon prisonnier de mon alexandrin !

Annie Poirier

 

 

 

 

Le sonnet marotique : Retrouvailles.

Retrouvailles

Son regard est plus doux que la douceur des anges,
Et ses cheveux plus purs que les neiges d’antan ;
D’un corps devenu vieux, je ne vois que le tan,
Car, hélas, j’ai manqué le meilleur des vendanges…

Nos chapelets de mots, tels des chants de mésanges,
Racontent notre hier, indigne charlatan,
Ayant conduit mes jours au pays de l’autan,
Tandis que s’oubliait la valeur des échanges.

Pour elle j’ai voulu réveiller le passé,
Mais le temps, ce vaurien, est trop souvent pressé,
Je me dois aujourd’hui d’honorer la belle âme…

Le tendre souvenir me fait battre le cœur,
J’ai manqué le repas mais j’ai bu la liqueur,
Sans le savoir, ma tante a ranimé ma flamme !

Annie